Le Blog de Julien Brasseur

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STUPEFLIP : pourquoi Twitter et Facebook ont ressuscité le CROU

(et pourquoi on doit se mordre les doigts aujourd’hui chez BMG)

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Depuis les premières mesures de leur premier album, je suis un gros fan de Stupeflip (aka le CROU), groupe de rock-rap- variété klash français jusqu’ici principalement connu pour leur single radiophonico-rigolo Depuis que j’fume pu d’shit

Le premier album de Stupeflip, paru en 2003 a relativement bien marché soutenu par le fameux Depuis que j’fume pu d’shit poussé à mort par BMG, filiale de Sony Music. Par contre, le deuxième album StupReligion (2005) – pourtant excellent  –  n’ayant pas rencontré les attentes de la maison de disque, celle-ci a lâché le groupe, rompu le contrat qui les liait et retiré les albums des bacs. Démotivé, le projet Stupeflip était virtuellement mort.

Mais malgré tout, le CROU avait encore des choses à dire et le projet d’un troisième album a vite refait surface, mais en auto-production cette fois-ci, on veut bien être gentil mais faut pas déconner…

Quelques jours après la sortie du troisième album, je suis convaincu que le succès d’ Hypnoflip Invasion, troisième album de Stupeflip viendra principalement du fait que le groupe a su utiliser Twitter/ Facebook / YouTube à bon escient pour engager le dialogue avec sa communauté, l’impliquer dans son projet  de préparation du troisième album et enfin, l’inviter à prêcher la bonne parole du CROU.

Au-delà des nouveaux tuyaux que le groupe a su utiliser pour amplifier l’aura du Crou et créer le buzz, c’est sans conteste le fait que Stupeflip a su conserver voire même cultiver des éléments essentiels de son identité qui vont contribuer à faire d’Hypnoflip Invasion, un succès commercial (4e meilleure vente dans les Fnac dès la première semaine).

Selon moi, BMG a donc lâché le groupe au plus mauvais moment : en 2005,  soit en pleine explosion des réseaux sociaux. En effet, les milliers de fans que le  groupe avait réussi à séduire grâce à son identité forte et à son univers disposaient désormais des outils nécessaires à jouer leur rôle d’ambassadeur du groupe et donc participer au succès de leur troisième album.

Voici d’après moi quelques facteurs du succès qui peuvent servir d’inspiration à toute démarche d’online marketing / PR.

L’activation de sa communauté :

- Pour financer l’album, le groupe a mis des packs collectors exclusifs (t-shirt, DVD, album en primeur…) en vente sur son site et a su impliquer sa communauté dans le financement  cet album.  fortement communiqué sur les réseaux sociaux.

- Lorsqu’on active une communauté (des fans, des employés, des journalistes…) et qu’on lui demande de s’impliquer, il faut assurer le suivi de cette activation et  la tenir au courant de ce qu’on a permis de réaliser ou d’atteindre grâce à leur aide. En effet, savoir que l’on a été utile est plus motivant lorsqu’on fait à nouveau appel à vous. Il n’y a qu’à voir l’utilisation que fait le groupe de sa page Facebook pour comprendre que le groupe a compris ce principe.

Des  bonnes histoires à raconter :

- Depuis le premier album, Stupeflip s’est installé dans une sorte de cosmogonie propre complètement délirante qui mélange mysticisme, radicalisme et science-fiction. Il faut s’accrocher pour comprendre (s’il y a quelque chose à comprendre) mais il faut avouer que l’espèce de mythologie où se croisent King Ju, PopHip, Cadillac, Raskar Kapac, les fameuses Clés du Mystères au Chocolat, les Argémionnes, la Région Ouest, le Monastère du Stup… ont quelque chose de vraiment fascinant et participe fortement à l’image du groupe.

- L’autre histoire sous-jacente à la sortie du troisième album, c’est celle de David qui reprend sa revanche contre Goliath. L’histoire du groupe intransigeant lâché par sa major qui arrive à faire mieux en autoproduction avec beaucoup moins de moyens offre une belle histoire à raconter aux médias et aux fans.

Une forte identité visuelle :

Stupeflip est le projet de King Ju, qui est par ailleurs graphiste.  King Ju a construit et décliné l’univers Stupeflip dans son logo, ses dessins, ses pochettes, ses clips, son site. Le tout de façon si pas cohérente (ça reste un gros bordel mais ça fait le charme du CROU) en tout cas consistante.

De l’humour (parfois au 37e degré) à la brouette :

Quelques pépites :  « Des calembours sensass, Sensationnel Richie, ça fait rire les animaux, les chenilles et les chevaux » ; « Je les aimais d’amour, mes animaux morts » ; « Je l’aime moche, les thons, qu’on pas besoin d’antivol ».

The Hypnoflip invasion sur iTunes et sur Amazon