Alors, évidemment je m’avance beaucoup car c’est clairement le genre de phrase qui - proclamée haut et fort - débouche immédiatement sur une proposition en or dans un domaine totalement différemment. Tant pis, je prends le risque.
Autant être très clair d’emblée : lorsque j’étais aux études (de communication), nourri des clichés habituels, je ne portais guère les RP dans mon cœur. Engagé dans la section « Animation Socio-Culturelle et Education Permanente » (ASCEP), la section post-soixanthuitarde de l’ihecs (c’est dit sans méchanceté, c’est la vérité), je me voyais bien travailler dans la promotion de la culture et du rock en particulier. Sorti des études, je me suis engagé dans le secteur des ONG. J’ai travaillé trois ans et demi au CIRE, une assoc’ qui défend le droit des réfugiés. J’ai ensuite eu le plaisir de bosser deux ans et demi à la rédaction de Spirou en tant que rédacteur et quelques temps aux Riches-Claires.
Après un bref passage par la case « chômage », j’ai tenté l’aventure de rejoindre une agence RP établie en Flandre, en grande partie pour vraiment apprendre le néerlandais. Je vous parle pas du clash genre « changement de monde total » : la langue, le vrai business, les exigences, les clients… Mais après plus de trois ans et demi dans l’agence, je sais maintenant que le secteur des RP me convient très bien (au moins pour les 5 ans à venir…). En voici quelques raisons.
1. Le travail en agence RP a été – de loin – l’expérience la plus qualifiante de ma carrière. C’est là que j’y ai appris le plus de « skills » : pratique quotidienne du néerlandais et de l’anglais ; apprendre à s’adresser aux journalistes ; établir et implémenter des plans de communication ; conseiller mes clients ; établir, négocier et gérer des budgets ; faire de la prospection… Et ça continue, tous les jours j’apprends… beaucoup. Notamment grâce au contact client, qui confronte et oblige à être sûr de soi lorsqu’on prétend lui – appelons un chat, un chat - vendre des conseils sur la façon de communiquer sur sa marque ou ses produits.
2. En quelques années, j’ai pu trouver ma « voie » et ma « voix » dans ce secteur. Certes, mon métier est de soutenir la promotion de marques, de services, de produits… Mais mon boulot est surtout d’apporter de la valeur ajoutée, de la matière intéressante, du grain à moudre à des journalistes, des bloggers, des tweeters, etc… Les RP ont la sale réputation de contacter les journalistes et les médias à tort et à travers. C’est par contre devenu pour moi un challenge jubilatoire d’avoir trouvé le journaliste, le bloggeur qui sera vraiment intéressé par mon produit à qui j’apporte la bonne info.
3. Le travail en agence vous faire rencontrer plein de gens : clients, journalistes, clients de vos clients (lorsque vous devez par exemple rédiger des études de cas sur leur collaboration), des agences tierces (il est fréquent que nous devions prendre avec les agence pub, média ou stratégique de nos clients).
4. Pour être un bon conseiller RP, il est essentiel de bien comprendre ses clients : produits, valeur ajoutée, enjeux actif sur le marché. Ce qui fait qu’en quelques années seulement, je touche ma bille – sans vouloir me vanter - en sécurité informatique, en gestion de risque, en poids-lourds, en Search Engine Marketing, en virtualisation de serveurs, en gestion de désastre et business recovery, en pralines belges, en eCommerce,… Le pied, pour quelqu’un qui s’intéresse à (presque) tout comme moi.
5. J’adore la dimension « gestion de projet » du métier. Lorsqu’on gère les RP d’une entreprise, on est véritablement à la barre du projet communicationnel du client. Cela signifie que qu’on le conseille, l’oriente mais également que l’on gère toute l’implémentation de la stratégie de communication dans ses aspects les plus symboliques comme dans les aspects les plus pratiques : budgets, événements presse, réalisations d’objectifs très précis en terme de couverture presse, etc.
6. Je suis un touche-à-tout et les RP me permettent – en dehors des tâches traditionnelles du métier de faire aussi bien de la mise en page que de gérer des blogs, des pages Facebook, de faire du live-blogging… La semaine dernière, j’ai même interviewé et filmé un ministre pour un de mes clients… La vidéo a été diffusée devant plus sieurs
7. Les PR ont d’après moi, un bel avenir devant elles. C’est une discipline souple, relativement bon marché pour les marques et qui peuvent produire de très bons résultats. Je remarque qu’elles sont également en train d’évoluer fortement. J’organise de plus en plus de partenariat qualitatif avec des médias : je leur fourni du contenu rédactionnel intéressant et stucturé (informations, témoignages, facts & figures…) en échange de cadeaux pour leurs lecteurs.
Si ce boulot est si génial, pourquoi, alors, ne me projeter qu’à un horizon de 5 ans ? Principalement parce qu’on ne sait jamais vraiment de quoi demain sera fait. D’autre part, j’avoue qu’une expérience « inhouse », c'est-à-dire travailler en entreprise, en tant que chargé de communication et de relations publiques, me tente beaucoup à termes. Le fait d’être au service du projet d’une seule entreprise m’attire beaucoup. C’est mon côté « team player », j’aime me battre pour une équipe.
Je ne sais trop pourquoi, les Flamands (étudiants en communication, entreprises et médias) semblent plus avoir la culture des RP, peut-être à cause de leur meilleur niveau en langues. Toujours est-il que peu d’étudiants en communication francophones s’orientent vers des expériences en agences RP, j’espère qu’au vu de ce que ça a pu m’apporter ce post leur donnera un éclairage différent sur ce métier.